🔍 Le 25 août 2026, l’Insee a publié une étude sur les jeunes de 15 à 29 ans dans les Hauts-de-France. Le constat est sans appel : 223 100 jeunes sont sans emploi, sans études et sans formation dans la région.
Ce chiffre place la région au premier rang des territoires français les plus touchés. Le taux de jeunes en situation de NEET (ni en emploi, ni en études, ni en formation) atteint 20,3 %, soit le niveau le plus élevé de France métropolitaine.
Le constat de l’Insee : un jeune sur cinq en difficulté
Les jeunes des Hauts-de-France cumulent les obstacles pour entrer dans la vie active. Sur les 1,1 million de jeunes de la région, un sur cinq est concerné par le chômage ou l'inactivité.
Parmi eux, deux sur trois se déclarent au chômage. Cela montre une réelle difficulté d’insertion professionnelle, surtout pour ceux qui sortent du système scolaire sans diplôme.
- 223 100jeunes NEETdans les Hauts-de-France
- 20,3 %taux de NEETrecord de France métropolitaine
- 1 sur 5jeunes concernéssur 1,1 million
- 23 ansâge du picfin des études, début de la recherche
Qui sont les jeunes concernés ?
Le taux de NEET varie fortement selon l’âge. Il atteint un pic à 23 ans, moment où les études se terminent et où la recherche d’emploi commence. Les jeunes sans diplôme sont les plus touchés, tout comme les femmes et les habitants des zones rurales.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation régionale :
- 🏭 La désindustrialisation, qui a supprimé des emplois non qualifiés
- 🎓 Le décrochage scolaire, plus fréquent qu’ailleurs
- 🚌 Les difficultés de mobilité, surtout en zone rurale
- 💶 La précarité des familles, qui oblige à chercher un travail rapidement
- 🧭 Une orientation parfois inadaptée aux métiers locaux
Ces causes sont anciennes et profondes. Le passé industriel de la région pèse encore sur l’emploi des jeunes. Une mutation économique est en cours, mais elle ne profite pas à tous.
Les dispositifs d’insertion professionnelle dans les Hauts-de-France
Face à ce défi, les acteurs de l'emploi se mobilisent. France Travail, les missions locales et la région proposent des accompagnements renforcés. Le Contrat d’engagement jeune (CEJ) aide les jeunes à construire un projet et à retrouver confiance.
Frédéric Danel, directeur régional de France Travail, indiquait en mars 2026 que le chômage est « à un niveau historiquement bas » dans la région. Pourtant, les jeunes NEET restent nombreux. L’accès à une première expérience professionnelle constitue l’obstacle principal.
L’apprentissage, une réponse qui monte en puissance
L’apprentissage se développe fortement dans les Hauts-de-France. Ce dispositif alterne formation en centre et travail en entreprise. Il couvre tous les niveaux, du CAP au master.
Les entreprises régionales recrutent davantage en apprentissage, notamment dans l’industrie, le bâtiment et les services. Pour les jeunes sans emploi, c’est une occasion d’acquérir une qualification tout en étant rémunéré.
Formation et précarité : un cercle difficile à briser
La formation reste la clé pour échapper au chômage. Mais dans les Hauts-de-France, l’offre de formation ne correspond pas toujours aux besoins des jeunes en difficulté. Beaucoup abandonnent leur parcours faute d’accompagnement.
La précarité aggrave le phénomène. Les jeunes sans emploi connaissent plus souvent des problèmes de logement, de santé et de mobilité. La région, deuxième plus jeune de France, est aussi l’une des plus pauvres.
Des solutions sur le terrain
L’École de la deuxième chance et l’EPIDE accueillent les jeunes les plus éloignés de l’emploi. Ces structures proposent un encadrement strict, une remise à niveau et des stages. Elles visent une insertion professionnelle durable.
L’orientation scolaire est aussi repensée. Les établissements travaillent avec les entreprises pour faire découvrir les métiers porteurs. Des immersions sont organisées dès le collège.
Quelles perspectives pour l’emploi des jeunes ?
Le marché du travail régional montre des signes d’amélioration. Le taux de chômage baisse depuis plusieurs années. Mais les jeunes restent plus exposés que leurs aînés.
Les secteurs du soin, du numérique et de la transition écologique cherchent des profils. Les formations doivent évoluer pour répondre à cette demande. C’est un chantier de long terme.
L’insertion professionnelle des jeunes dans les Hauts-de-France reste un défi majeur. Les dispositifs existent, mais demandent du temps et de la coordination. L’enjeu est simple : éviter qu’une génération reste au bord du chemin.
Pourquoi tant de jeunes restent sans emploi
Est-ce que la situation s'améliore pour les jeunes dans les Hauts-de-France ?
Le chômage global baisse, mais le nombre de NEET reste très haut. L'étude de l'Insee place la région au premier rang, avec 20,3 % des jeunes concernés.
L'apprentissage est-il accessible sans diplôme ?
L'apprentissage est ouvert du CAP au master, sans condition de diplôme. C'est une vraie piste pour les sans-diplôme, avec un salaire pendant la formation.
Qu'est-ce qui bloque vraiment l'insertion des jeunes ?
Le manque d'expérience professionnelle arrive en tête. Ajoutez à ça la mobilité réduite en zone rurale et une orientation parfois déconnectée des métiers locaux.
Ça vaut le coup de pousser la porte d'une mission locale ?
Oui, elles sont gratuites et spécialisées dans l'accompagnement des 16-25 ans. Elles aident à construire un projet, trouver un stage ou une formation, et donnent accès au Contrat d'engagement jeune.
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Ancien professeur de lettres devenu journaliste éducation. Suit les politiques d’orientation et les concours administratifs en France depuis quinze ans. Anime Cira Couffignal en gazette posée.
4 commentaires
L’apprentissage manque de maîtres artisans. Transmettre un savoir-faire, voilà une réponse durable aux NEET.
Merci Aaron pour ces données. L’open data aiderait à cartographier les parcours NEET et innover.
La reconversion est un trail : on monte, on doute, on progresse. Les compétences transversales sont nos bâtons.
La désindustrialisation ne suffit pas à expliquer tout. L’école a sa part de responsabilité dans ce décrochage.